

Vivre blessée / Safety is the practice of common sense
Centre Clark
Montréal, 2002
Dans nos sociétés modernes,
la vie privée se situe au coeur du principe de liberté.
Et la "maison" représente dans l'imaginaire
collectif un refuge chaleureux, confortable et sécuritaire
pour ses occupants. Or, dans l'oeuvre de Sébastien
Cliche, l'espace domestique apparaît comme un schéma
"réseautique" organisé et lourdement
systématisé dont il faut se protéger.
Les mécanismes complexes mis en place pour simplifier
notre existence nous placerait dans une position de vulnérabilité
face à l'environnement le plus familier.
S'inspirant de guides destiné à qui cherche
à être en sécurité chez soi, l'artiste
propose des mises en scènes photographiées,
peintes ou dessinées dévoilant des personnages
apathiques, victimes de petits accidents ou menacés
d'agression. L'installation cumule et déploie une succession
de gestes et de situations banales au sein desquelles "se
cache l'arsenal de nos systèmes de protection".
Ironiquement, les différentes mises en situation renvoient
chaque être à son ennui et à son désarrois,
plutôt que de suggérer un bien-être réel
et durable.
Le propos de l'artiste révèle comment ces superstructures
domestiques et ces mécanismes destinés à
assurer une existence libre de dangers contribuent en fait
à créer une paranoïa collective et à
nous rendre à la fois moins tolérants et plus
démunis face au plus trivial événement
de la vie quotidienne.
Nathalie de Blois
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La
Réserve / Utility Room
L’Oeil de poisson
Québec, 2002
Pour sa première exposition
à Québec, l’artiste propose dans la petite
salle, l’installation La Réserve. On y entre
comme dans l’antichambre d’une maison imaginaire
d’où on peut surveiller les aller et venues.
La Réserve se situe entre le bureau de superviseur,
l’abri personnel et le mini-entrepot.
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A
Place Where You Feel Safe
Forest City Gallery
London, Ontario, 2004
Accidents de la vie courante
Centre des arts actuels SKOL
Montréal, 2003
Notre environnement, même le
plus immédiat, peut être source d'inquiétude
en regard à notre sécurité. C'est du
moins ce que l'on est porté à croire à
la lecture des notices d'avertissement que l'on retrouve sur
les étiquettes de différents produits, dans
les publicités des compagnies d'assurances ainsi que
dans les dépliants et pictogrammes mis à notre
disposition à bord des moyens de transport publics.
L'omniprésence de ces mises en garde ainsi que la couverture
médiatique quotidienne de désastres de diverses
amplitudes nous amènent à penser que le danger
nous guette constamment.
Le corpus présenté dans la grande salle de Skol
implique un retranchement au sein de l'univers psychologique
des personnages représentés. C'est comme si
un déplacement s'était opéré de
l'interprétation exogène vers une sensation
intériorisée des sentiments liés à
la menace. Du coup, c'est toute la part de fabulation individuelle
en rapport à ces sentiments qui est mise à l'avant
plan.
Par l'utilisation de la photographie, du dessin, de la peinture
et du texte, Cliche nous plonge dans un monde plus poétique
où le danger imminent est plus diffus, jamais tout
à fait palpable. Avec lui, nous nous demandons si ce
n'est pas nous, en fait, qui attendons à chaque instant
sa venue.
/
Our physical environment, and even
our most immediate surroundings, are often at the very root
of the anxiety we feel about our security. At least, this
is what we are led to believe when we consider the warning
labels on different products, advertisements for insurance
companies, safety fold-outs and graphics found on public transport.
The omnipresence of these warnings and the daily media coverage
of disasters of different magnitudes have us feeling that
danger lurks behind every corner.
The work he is presented in Skol's large gallery shifts from
an external view to a more internal, psychological representation
of his characters. The feelings regarding this harassment
shifts from an external interpretation towards an internalized
sensation, and all at once, it is the personal fantasizing
regarding these feelings that is now in the foreground.
Using photography, drawing, painting and text, Cliche plunges
us into a poetic world where we are surrounded by a general
feeling of different potential dangers, without being quite
able to pinpoint what they are. Within this space, we wonder
if it really isn't ourselves waiting for disaster to happen
at any moment.
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